J'ai jamais su faire semblant. Et pourtant. J'aimerais bien parfois me jeter dans l'abime des pensées. Me laisser rever, se faire emporter. Et puis revenir, parfois, juste un peu. Juste pour savoir encore comparer. Puis quand je partirais pas, quand le transport mettra trop de temps à arriver, je plongerais dans l'alcool, le sexe, le sommeil, peu importe tout est bon pour m'y emmener. Jusqu'à que je ne veuille plus y aller.
Il est tard et tu me controles. Tu le sais, tu le fais à chaque fois. Ce "tu" me dérange, me tue. Tu n'as pas d'importance, je ne peux pas rever de ton sourire ou de la douceur de ta peau parce que je ne m'en rapelle plus. Parce qu'au fond t'es un étranger parmis d'autres. Si j'ai envie de faire ma nostalgique il n'y en aurait qu'un qui correspondrait. Parce que les autres c'étaient des mensonges, des abimes de pensées. Toi t'es là parmis les autres, et moi je suis là parmis rien. Je sais que je sers à rien dans ta vie, c'est qu'une envie, un saut dans l'abime. Et on saute, on se saute, histoire de se noyer un peu plus. Mais je n'ai pas d'importance non, je le sais bien, tu sais que je ne sais pas faire semblant. Mais ça veut pas dire que je veux pas recommencer. Que je veux pas me renoyer. Meme si ça sert à rien. C'est mieux que rien. Parce qu'il n'y a rien de pire que de sauter dans le vide. Que de se noyer dans le vide. Toute seule c'est pire. Puis on s'y fait à cette abime, et on veut plus en sortir. Non trop longtemps je suis restée là, seule, pour rien. Aujourd'hui jveux plonger.
Bien sur que j'aimerais être importante. Bien sur que j'aimerais être autre chose qu'une pute. Parce qu'au fond, je ne te connais pas. Tu me connais pas. Et même nos corps sont étrangers. Ils ont beau se frotter, le temps est trop court pour que ça mène à quelque chose. Pour construire quelque chose. Si tu te laissais faire un peu, t'arreterais de trembler. Et peut etre que l'un comme l'autre, on s'aimerait. Qui sait, au fond, c'est que du conditionnement tout ça. Y'a qu'a y croire. Ca vaut pas plus que nos nuits volées, ça vaut pas plus qu'un morceau de papier. Qu'on peut jeter, bruler, ou se faire envoler. Ca fait trop longtemps que ce faux bonheur qu'on appelle amour m'a pas été partagé. Moi aussi je veux rêver. Moi aussi je veux faire semblant. Et si tu faisais semblant avec moi chéri? Au fond, on se connait pas. Qu'est ce que ça y fait. Qu'est ce que ça pourrait changer. J'ai cessé de souffrir depuis longemps. Et toi, t'as pas souffert assez. Tu vois qu'on aurait des choses à s'apporter. Tu vois que tu pourrais m'aimer.
Je te ferais ce que tu veux. Jpourrais même réussir à te détruire. Pour mieux te reconstruire. Jpourrais être une autre, être la fille de tes rêves. C'est des pensées tout ça. Les pensées ça n'existent pas. Rien n'existe chéri, alors donne moi une part de toi histoire qu'on s'amuse un peu. Et on s'envolerait, très haut, on écraserait le bout des étoiles, à pied joint en équilibre. On chanterait à la lune notre amour, et on se moquerait du soleil. Dans un trou noir on s'ferait l'amour et sur le toit des nuages on s'embrasserait. Laisse moi rêver, s'il te plait. Prend moi la main et emmène moi. Depuis quand t'as pas vraiment vécu? Tu crois vraiment que c'est la merde que tu fumes qui va te sauver? Sauve toi avec moi. Dans moi.